dimanche 30 novembre 2008

Venez comme vous êtes, oui, mais comment?

Ces derniers temps dans le métro et à la télévision, les publicités McDonald's affluent, marquées du slogan "Venez comme vous êtes", qui en laissent beaucoup perplexes. En effet, pour une fois, McDonald's ne fait pas de publicité sur ses produits, ni sur son mode de recrutement, mais sur ses clients. Virage dans le monde de la publicité: faire de la pub sur ses clients, du jamais vu. La question s'impose: pourquoi?

Dans un sens, McDo cherche à flatter ses clients, les rassurer dans le fait qu'ils peuvent venir à McDo comme ils "sont" tout en les faisant défiler sur un fond blanc, et non, comme on pouvait s'y attendre, sur un de leur magasin. Ces 4 personnes représentant des cibles de McDo, doivent jouer le rôle d'identifiant social, on doit ressentir de l'empathie envers leurs péripéties (notamment celles de l'adolescente sont très réussies), et une fois cette projection effectuée, l'aboutissement est de découvrir la marque McDo. En effet, l'imaginaire de McDo sous la forme du sigle M n'apparaît qu'à la fin, subtilement changé du fond rouge au vert, soit leur nouveau logo estampillé "développement durable", et surtout ce M apparaît seul, sans le nom complet McDonalds, supposant que l'on connaît TOUS le logo McDo et leur slogan "i'm lovin' it"... un poils prétentieux, mais malgré tout vrai. Bref, McDo souhaite vendre un état d'esprit lié à sa marque plus qu'un produit : convivialité, hétérogénéité, naturel. Pourtant, le "venez" à l'impératif indique presque un ordre subliminal, là où le vouvoiement pose une sorte de distance respectueuse, le tout écrit avec une typographie qui rappellerait la plume de la main d'un enfant... : ordre, respect, innocence, quel mélange.



Toute intention de McDo à part, reste à analyser la réception, pour la plupart l'incompréhension de ces pub. Les pubs lorsqu'on comprend le but de la pub, qui n'est pas forcément évident, on se demande pourquoi McDo communique sur le fait qu'on peut venir habiller n'importe comment... alors que c'est déjà le cas? McDonald's n'est pas un restaurant, c'est un fast-food, il semble évident de venir comme on est, sans apparat. Je pense que là où McDo a fait un faux-pas est qu'ils n'ont pas diffusé les "caméras cachés" qui se trouvent sur leur site avant leur campagne, ce qui, je pense, aurait joué comme une sorte de teaser... Vous pouvez les voir sur leur site ICI (elles sont assez drôles... surtout celle avec le papier toilette!).

Bref, campagne ambiguë pour McDo, peut-être trop originale... en tout cas, le format affiche (surtout abribus) n'a vraiment pas lieu d'être, la pub perd tout son sens.

samedi 29 novembre 2008

Les "biopic": ressurgit identitaire ou manque d'inspiration?

Entre Coluche, Mesrine, Sagan et autre Piaf, sans compter ceux à venir, le cinéma français tourne en rond. Je ne critique pas la qualité des films cités, qui, pour la plupart, ne sont pas de mauvais films, mais je m'interroge sur l'intérêt de ce genre, dit le "biopic" à sortir dans les années 2000. Faire revivre un passé révolu où la France brillait en musique/littérature/banditisme sous l'égide du "c'était mieux avant"?

Ces films, pour la plupart, ne prennent pas de parti pris explicatif, mais joue un rôle de musée, d'exposition de faits: De Caunes prône que son Coluche est le reflet d'une époque et non, comme son sous-titre l'indique, l'Histoire d'un mec, et Mesrine ne sert pas à justifier les faits du dit Jacques... à quoi on peut presque préférer un W., l'improbable président qui, quitte à raconter la vie du président actuel d'une manière tiédasse, le justifie en disant qu'il souhaite expliquer comment un tel homme est arrivé au plus haut poste du gouvernement. Ce W. cherche en quelque sorte à dédouaner l'Amérique d'avoir élu un tel homme, montre qu'il est humain après tout, comme Stone l'avait déjà fait dans son magistral Nixon, homme qu'il érige en véritable héros shakespearien tiraillé de l'intérieur. Les films de Stone sont presque ce qu'était le théâtre grec aux athéniens, une catharsis leur permettant d'expier leurs fautes. Face à cela, le cinéma français n'inscrit dans aucun contexte politique ou culturel ces oeuvres: Mesrine, pourquoi pas, Coluche, reste encore Les Restos du Coeur, mais Piaf? Pourquoi maintenant et pas dans 10 ans, ou il y a 5 ans? Si tous les réalisateurs français faisaient un film de leur idole ou antihéros...

Je taxerai plutôt ça de manque d'inspiration flagrant, et de machine à faire des entrées. Prenons une figure controversée un peu oubliée, déguisons-la à outrances (un Vincent Cassel prend 20 kilos, une Marion Cotillard avec 3h de maquillage), et faisons la découvrir à un public trop jeune pour les avoir connus, et redécouvrir à un second public assez vieux pour s'en souvenir. Résultat: des millions d'entrée, des Oscars, une raison pour mamie d'emmener ses petits-enfants au ciné. D'un point de vue marketing, le cinéma français est à la pointe, en touchant jeunes, moins jeunes et plus tout jeunes, la cible visée relève de l'exploit.


Or, le public français apprécie ce retour en arrière, moi y compris, mais seulement dans un premier temps, car on commence vite à s'apercevoir des ficelles qui tissent ce beau paquet: n'importe quelle célébrité fera l'affaire, bientôt Gainsbourg au grand écran, avec un Boris Vian joué par Philippe Katerine (horreur), je dis stop! L'histoire est telle qu'elle est, on ne va pas la réécrire sous peine d'avoir besoin de faire du chiffre d'affaire. A quand un Tonnerre sous les tropiques français, dénonçant ces magouilles?